Africa
23 Feb 2021

Soutenir les pêcheurs artisanaux de Zembra

Comment l’acquisition de matériel par des pêcheurs Tunisiens peut renforcer la protection d’un environnement marin sur le long terme

© Louis Marie Preau
By Shaun Hurrell

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Comme toute communauté de pêche locale, les pêcheurs de Al Huwariyah en Tunisie ont leurs légendes – tel que le pêcheur qui pouvait naviguer la mer du Cap Bon en utilisant uniquement des ‘repères invisibles’. Comme les légendes, ils transmettent aussi leurs savoirs traditionnels, tel que la surpêche ou la prise de poissons trop petits, est non seulement préjudiciable à l'environnement, mais à la communauté elle-même. Ce sont ces communautés qui doivent être soutenues et encouragées lorsque d’importantes flottes de chalutiers, destructrices et illégales font des ravages sur leurs zones de pêche.

Les communautés locales sont le fondement critique et l'élément essentiel pour garantir que les initiatives mondiales, régionales et nationales ambitieuses créent réellement le changement qui sauvera la planète. Sans leur adhésion et leur engagement, les aspirations de la société civile et des gouvernements à s'attaquer à des problèmes tels que la destruction de la biodiversité par des pratiques non durables telles que la surpêche resteront la matière de propositions de projets et de promesses ambitieuses, mais creuses.

C’est pourquoi BirdLife et le Critical Ecosystem Partnership Fund sont si enthousiasmés par les collaborations établies avec les communautés de pêcheurs autour des eaux magnifiques du Parc National de Zembra et Zembretta, au large des côtes tunisiennes. Ici, la mer du Cap Bon est considérée comme l’un des principaux couloirs de pêche du bassin méditerranéen, en plein milieu de la côte Ouest et Est de la Méditerranée. 

Bien que pendant des centaines d'années, les communautés côtières puissent dépendre d'abondantes ressources marines pour leur mode de vie, la demande croissante de fruits de mer au cours des dernières décennies constitue une réelle menace. Certaines des espèces les plus emblématiques de la région et les écosystèmes marins dont elles dépendent sont maintenant soumis à une pression humaine extrême en raison de la concurrence déloyale et illégale de flottes de chalutiers destructrices qui ignorent les lois locales protégeant les zones d'interdiction de capture autour des îles de Zembra et Zembretta.

Les pêcheries artisanales de la zone emploient le plus de pêcheurs localement, mais impactent le moins de dommages à l’environnement. Avec une subvention du CEPF, l’ONG locale ASPEN (Association de Sauvegarde du Patrimoine Environnemental et Naturel) soutient les pêcheurs locaux en encourageant une pêche durable qui respecte la législation de l'aire protégée.

Plus de 40 pêcheurs locaux ont ainsi été équipés d'engins de pêche sélectifs tels que des filets, des lignes et des hameçons qui respectent les tailles minimales de rétention des poissons. Ceci, combiné aux actions de sensibilisation, réduit la pression de la surpêche dans l'archipel de Zembra et mets en avant une communauté durable en mesure de maintenir son mode de vie traditionnel tout en garantissant une utilisation durable des ressources marines au fil du temps.

La sensibilisation portera bientôt également sur le danger des filets fantômes qui, déchirés et abandonnés, sont délaissés dans les eaux avec des effets dévastateurs sur la vie marine emprisonnée dans ces pièges mortels.

Ce travail est aussi réalisé dans le contexte du Parc National actuel et ses zones de pêche interdites deviendront une nouvelle Aire Marine et Côtière Protégée en 2022, où ASPEN et PIM (Initiative pour les Petites Îles de Méditerranée – qui mène un projet CEPF plus large) contribueront à la cogestion, afin de garantir l’implication des pêcheurs locaux. Considérer les pêcheurs locaux comme les co-gestionnaires de leur aire protégée est la pierre angulaire pour garantir la durabilité à long terme du site, car ils sont au final les véritables gardiens de l'écosystème.

C'était le père de Moncef Miladi dont les compétences de navigation mentionnées ci-dessus tenaient des légendes. Moncef lui-même est un pêcheur amoureux de la mer depuis son enfance. Il souligne les principes du projet lorsqu'il déclare : «Les îles de Zembra sont un refuge pour les poissons migrateurs et une nurserie qui assure la durabilité des ressources. Sa protection est de la responsabilité de nous tous - pêcheurs, organisations et gardes nationaux. "

De même, Wahid Balagha, un pêcheur avec plus de 25 ans à son actif, dit que (sic) «… l'initiative nous est chère… car Zembra est un trésor national et international. (Ce) soutient nous a réunis autour de la protection de notre site. "



      

*The Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF) is a joint initiative of l’Agence Française de Développement, Conservation International, the European Union, the Global Environment Facility, the Government of Japan, and the World Bank. Additional funding has been provided by the MAVA Foundation. A fundamental goal is to ensure civil society is engaged in biodiversity conservation.
 
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A dedicated Regional Implementation Team (RIT) (expert officers on the ground) guide funding to the most important areas and to even the smallest of organisations; building civil society capacities, improving conservation outcomes, strengthening networks and sharing best practices. In the Mediterranean Basin Biodiversity Hotspot, the RIT is entrusted to BirdLife International and its Partners: LPO (BirdLife France), DOPPS (BirdLife Slovenia) and BPSSS (BirdLife Serbia).
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